Partagez | .
 

 (lelio) soldier on.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage

avatar

Miller Forstman

MESSAGES : 11

----
:

MessageSujet: (lelio) soldier on.   Jeu 21 Avr - 12:18


All that is gold is rusting. No one will know when seasons cease to change and : how far we've gone; how far we're going. It's the here and the now and the love for the sound of the moments that keep us moving


Les basses d'une musique à la mode, mais dont Miller ne parvenait plus à se rappeler du nom, s'échappaient de la radio d'un gosse placée sur les marches d'un immeuble. Le gamin, maigre comme un clou, semblait encore plus maigre dans un t-shirt bien trop grand pour lui, et crade comme pouvait l'être sa figure. Miller, tirant à intervalles réguliers sur sa cigarette, le regardait du siège de sa bagnole, crachant des nuages de fumée qui s'échappaient par la fenêtre à moitié ouverte. Il dansait comme si le diable avait placé ses mains sur sa peau, tirait des ficelles pour le faire bouger dans tous les sens ; malgré le manque d'ordre, fallait avouer que ce gamin avait comme un truc gracieux, comme la plupart des gosses que la rue élevait plus que ne le faisaient jamais leurs parents dans ce genre de quartier. Le parent idéal, c'est à dire le parent qui ne buvait pas, se cassait le cul au boulot pour être capable de ramener un peu de bouffe sur la table du dîner, et trouvait quand même le temps de glisser sa joue dans une caresse sur le front de son rejeton le soir était aussi rare ici que les flics. C'était pour ça qu'il venait ici, et que les dealers s'y déployaient comme une bande de rapaces, repérant d'un œil d'habitué les veines noires et les pupilles dilatées, les gestes de nervosité trahissant le manque de dope. Ils s'avançaient alors, sortaient leur baratin de merde, et donnait leur came contre quelques billets sans avoir à s'inquiéter d'une visite de courtoisie du 5-0. Miller avait grandi dans un quartier comme ça. Quand on descendait les marches de l'immeuble, il fallait toujours faire attention aux éclats de verre des bières et autres bouteilles d'alcool que des clochards avaient éclatées contre les murs, et même en faisant bien attention, on pouvait entendre craquer les seringues sous la semelle de ses godasses. Pour Miller et ses frères et sœurs, c'était devenu une sorte de jeu, rien ne les impressionnait plus dans ces endroits : on comptait combien de seringues on pouvait trouver, et qui arriverait à en éclater le plus possible, et celui qui gagnait avait le droit de regarder par le trou de la serrure de madame Johnston, dont les seins pendaient sans soutien-gorge sous un large t-shirt à l'effigie des Giants de New-York. On s'y habituait à ce quartier. Et ceux qui ne s'habituaient pas finissaient par se planter une aiguille dans le creux de leur bras, histoire d'échapper au monde qui n'avait de cesse de les rattraper. Miller avait bien grandi, contrairement à beaucoup ici, et s'estimait chanceux. Sa mère, son père, n'étaient peut-être pas les parents de l'année si l'on se fiait aux standards du monde civilisé, mais Miller était toujours là, le nez et les veines clean, l'esprit embrumé par d'autres considérations et d'autres idées que celle de se foutre en l'air en dardant un regard vers la fenêtre de son appartement le matin. Il jeta un dernier coup d'oeil au gamin qui tordait encore son corps maigrichon dans tous les sens, tira une dernière latte sur sa clope jusqu'à atteindre le filtre, et jeta son mégot par la fenêtre. Il toussa légèrement, racla sa gorge en frottant ses deux mains l'une contre l'autre, et se pencha vers sa droite pour ouvrir la porte du côté passager, un sourire se dessinant alors rapidement sur ses lèvres quand il vit Lelio grimper à ses côtés. « ça va, t'as bien pris tout ton temps ? » il se pencha une nouvelle fois vers lui, glissa sa main sur la nuque de son mec qu'il attira vers lui pour capter et embrasser ses lèvres, dans une douceur qu'il ne semblait réserver qu'à une petite minorité. Il le relâcha, et le moteur de sa voiture couvrit légèrement les basses de la radio du gosse qui, bientôt, ne devint plus qu'un point ridicule et agité dans son rétroviseur. « on va faire un arrêt à Rego Parks, j'ai un type à voir là-bas, ensuite on ira chez moi. Sauf si t'as envie d'autre chose. » Les yeux sur la route, il fouilla dans la boite à gant à la recherche de son paquet de clopes, en tira une et la porta à ses lèvres. A cette heure, la circulation se décantait assez vite, et Miller estimait qu'ils seraient chez son pote dans une heure à peine. Il souffla une ligne de fumée et sentit alors son cœur se serrer doucement, garda le silence quelques secondes, une main fermée sur le volant. « tu vas bien, bébé ? » il tourna un regard vers Lelio, profitant d'un feu pour détailler ses traits. Cinq ans et il le trouvait toujours aussi beau que le premier jour où ses yeux s'étaient posés sur lui, dans le salon d'Avi. Peut-être même le trouvait-il plus beau encore au fil des jours. Il entendait parler certains mecs au pub, qui se plaignaient de connaître leurs nanas par cœur, qu'il n'y avait plus rien d'excitant dans un corps qu'on avait pris, encore et encore, et Miller ne les comprenait pas. Il était fou de Lelio, et Miller doutait qu'un jour, il ait besoin de se saouler pour que le corps, ou même la voix de Lelio, parviennent encore à agiter quelque chose en lui.



STILL DON'T GIVE A FUCK, I'm zonin off of one joint, stoppin a limo, hopped in the window, shoppin a demo at gunpoint. A lyricist without a clue, what year is this ? Fuck a needle, here's a sword, bodypierce with this, livin amuk, never givin a fuck.
Revenir en haut Aller en bas
 

(lelio) soldier on.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Armes : commando,gunner,soldier
» [EDGE] The Soldier's Stockpile
» Présentation de Iron-Soldier
» Ghost Recon Future Soldier
» Plastic soldier

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
JACK OF ALL TRADES :: — queens-